Bryan Loren à l'Abbey Road Institute


Samedi 24 Septembre 2016

Ma découverte de l’Abbey Road Institute, studio d’enregistrement situé à Suresnes, restera un événement marquant dans ma vie de fan. En effet, l’association Music First a permis une nouvelle fois de profiter d’une écoute dans les conditions optimales d’un studio, loin de certaines hérésies d’une compression MP3 assimilable à un nivellement par le bas, tel le pire programme d’une télé-réalité. Cette venue au Abbey Road Institute est encore plus appréciable lorsque cette écoute s’accompagne du témoignage d’un proche collaborateur de Michael Jackson.

D’autant que Bryan Loren, producteur de 1989 à 1991 de nombreux titres non retenus pour l’album Dangerous, avait enfin l’occasion de s’exprimer sur les coulisses de cette collaboration.

Loin de se limiter à ressasser des frustrations légitimes, le musicien nous offre l’écoute de trésors restés dans les coffres comme une sorte d’immersion dans le processus créatif du Roi de la Pop et du compositeur de Superfly Sister. Tel est le but de sa démarche, occultant volontairement les titres que nous connaissons tous, issus de supports officiels, comme Do The Bartman et Mind Is The Magic. Je ne développerai pas trop mes propos sur ces titres inédits entendus lors de ce séminaire car c’était un instant unique, partagé avec l’artiste, que ces quelques lignes n’ont pas la prétention de parvenir à décrypter. Il n’empêche que Bryan Loren est la voix principale qu’on entend dans Men In Black tandis que Michael se distingue dans les choeurs. Cette démo est bien liée au film, qui n’était qu’un projet de Steven Spielberg à l’époque. Même cas de figure pour Family Thing, projet avorté pour la bande-originale du film La Famille Adams suite aux raisons que nous connaissons tous. Il s’agit là d’une production Teddy Riley (on reconnait bien certaines sonorités qui ont ensuite été ré-utilisées pour la chanson Ghosts) mais c’est bien Bryan qui effectue un Rap tandis que Michael a le temps de placer sa voix pour le refrain.

Pour les autres titres entendus dans la journée, on peut citer Don’t Believe It (avec, en bonus, des documents sonores illustrant l’interaction durant l’élaboration de cette chanson) et All The Truth, mais aussi Serious Effect, présenté par Loren comme son morceau favori de cette période. Sans oublier d’autres découvertes comme 7 Digits ou encore Serious Moonlight, écrite pour Michael sans que ce dernier ne s’y intéresse réellement, et née d’une inspiration liée à David Bowie.

Le producteur a également joué le jeu des questions/réponses sans aucune langue de bois avec une traduction en français. On a ainsi pu apprendre qu’il n’a jamais été contacté par l’Estate pour une réédition de Dangerous, tout comme le fait qu’il a participé à la chanson Money comme percussionniste et seconde voix lors de deux semaines passées à la Hit Factory à New York. Une anecdote au sujet de Michael enregistrant des clappements de mains dans une salle de bain pour Superfly Sister a également été révélée. A ce sujet, Bryan se souvient que Michael chantait toujours en tapant des pieds et en claquant des doigts, ce qui confirme selon lui qu’il ne s’agit pas du Roi de la Pop dans les productions Cascio. L’aspect humain de cette relation n’a donc pas été effacée au profit de l’aspect technique dans ce témoignage, ce qui a apporté un supplément de légitimité à vivre cette conférence. Sans oublier que Bryan a pu dédicacer de nombreux CD et vinyles apportés par le public, apportant ainsi davantage de proximité entre lui et nous.

Je me permettrais d’ajouter que pour la première fois, j’ai pu présenter officiellement mon nouvel ouvrage « Let’s Make HIStory » avec la tenue d’un stand. L’auteur a donc été aussi comblé que le fan, et je reste reconnaissant envers Music First pour cette marque de confiance. Sans oublier que l’association m’a également annoncé à Bryan Loren pour que je lui présente mon projet et lui en offre un exemplaire, et cela dans une totale liberté. Un autre façon de démontrer que cette journée était placée sous le signe du partage.

Merci à Bryan Loren et longue vie à Music First ! Vivement la prochaine !


Pour en savoir plus sur Bryan Loren:

l'article de Jérôme Ferron.