Michel Polnareff

« Enfin! »

(Barclay – 2018)

Enfin ! Tout est dans le titre !

C’est par ce mot que Michel Polnareff avait lancé le show d’ouverture de Ze Retour à Bercy en mars 2017. Il est vrai que ces retrouvailles sur scène avec son public au bout de 34 ans pouvaient sonner comme une délivrance pour l’artiste. L’attente aura été finalement moins longue pour un nouvel album, car 28 ans après « Kama-Sutra », le bien nommé « Enfin ! » est arrivé chez les disquaires. Pour cette année, les fans de Michel n’auront pas à commander à l’homme en rouge des best-of et albums Live : c’est bien du matériel inédit qui va atterrir sous le sapin ! (eh non, pour les détracteurs de qui vous savez, cela ne sent pas le… enfin, vous m’avez compris…)

Après toutes ces années, on a forcément un peu le trac de mettre ce CD dans la platine, tellement on a pensé précisément à cet instant. On a du mal à réaliser que l’objet est enfin entre nos mains, mais les premières notes dans nos oreilles sont là afin de nous démontrer que ce disque est une réalité et non plus un fantasme. Et dans ce monde réel, un fantôme ne nous parle pas mais peut seulement venir hanter notre esprit. C’est peut-être pour cela que « Phantom » est une version instrumentale. A moins que comme tour de chauffe, Michel nous refasse le coup des répétitions de Ze Retour en 2007 : usant de son piano, il n’a jamais posé sa voix, se comparant à un boxeur qui remontera sur le ring sans entrainement pour mieux se jauger. C’est également une façon de rappeler à son public qu’il n’est pas qu’un fabuleux interprète mais également un compositeur de talent qu’on pourrait qualifier de pieuvre face à son instrument de prédilection. C’est dans ce cadre que se déroulent les dix premières minutes de l’album, tel un pari aussi audacieux qu’ambitieux. On se croirait à l’écoute de la bande-originale d’un film Hollywoodien et cela donne envie de se plonger dans l’une des facettes de Michel Polnareff : ses collaborations pour le cinéma ! Elles sont nombreuses et ce thème d’ouverture est là pour nous le rappeler.

Changement d’ambiance et destination le Japon pour le titre suivant, même si la guitare aux sonorités Rock de Tony McAlpine est là pour nous adresser un message. C’est bien Michel qui plante le décor dans le pays du Soleil-Levant et non l’inverse. L’idole pose enfin sa voix mais commence sa tâche dans un rôle de narrateur, comme pour mieux débuter son tour de chant en douceur ! Tout cela n’est pas sans rappeler l’ambiance de « Hey You Woman ». D’autant que cette narration n’est pas le seul point commun entre les deux chansons. En effet, il s’agit là d’un thème traitant d’une relation homme/femme oscillant entre l’amour et la haine. Cependant, pour « Sumi », il n’est plus question d’être enfermé dans un réfrigérateur mais d’être, cette fois-ci, réchauffé par le goût du saké ! Vous me direz, que ce soit du chaud ou du froid, le résultat est sensiblement le même avec un Polnareff tyrannisé par la gente féminine, aux antipodes de notre actualité ! Le tout, dans une ambiance bien plus rock avec l’orgue Hammond B3 en guise d’accessoire, non sans oublier l’Amiral qui nous chante enfin quelques gammes ! Il est vrai qu’il exécute cette tâche sous la menace de sa Geisha mais qu’importe, la fin justifie les moyens ! N’oublions pas qu’entre Michel et le Japon, c’est une longue histoire (de plus de quarante ans !) et elle valait bien une chanson dans ce thème. L’occasion pour l’Amiral de saluer ses moussaillons japonais sous forme de clin d’oeil musical dans la lignée des nombreux collectors nippons liés à sa carrière.

Quittons le Japon pour une ambiance plus intimiste, celle qui nous remémore les rappels de fin de concert lors des deux dernières tournées (je n’étais pas né lors des précédentes). Je veux bien entendu parler de ce piano/voix réalisé par Michel sans aucun artifice, comme si nous nous retrouvions seul face à l’artiste, loin des lumières et des effets spéciaux. C’est dans ce cadre que Michel est à coeur ouvert, au point d’évoquer ce changement important dans sa vie : le fait de devenir père. C’est ainsi qu’on pourrait aisément penser à un message adressé au petit Louka avec « Grandis Pas ». Tout cela est bien plus complexe car le rôle d’un père est justement d’aider et d’accompagner son enfant pour qu’il puisse grandir et un jour voler de ses propres ailes. Et on ne peut lutter contre le temps qui passe, comme une angoisse en chacun de nous. Et c’est ainsi que l’homme que deviendra Louka n’aura plus autant besoin de son papa. L’enfance rime avec innocence et cette dernière finit toujours par s’estomper. Il s’agit bien là d’une lettre poignante dans laquelle un père se parle également à lui-même face à ses propres craintes. Fait-il les bons choix ? Est-ce qu’il guide son enfant dans la bonne direction sur ce chemin qui le conduira inexorablement à l’âge adulte ? Toutes ces questions auront leurs réponses, mais l’auteur a bien conscience que cette demande d’un temps qui s’arrête est vaine. Ici, tout est inéluctable. Toute cette mélancolie est tellement saisissante qu’elle en est émouvante. Ici, Polnareff n’interprète pas cette chanson, il la vit tout simplement.

Aujourd’hui, en écoutant « Grandis Pas », Louka pourrait la comprendre au premier degré. Ce n’est pas le but de l’Amiral, loin de là. Il fallait donc le faire participer, et d’une manière plus joyeuse. C’est chose faite avec « Louka’s Song » qui est presque une version instrumentale. En effet, le « presque » a toute son importance car le fils de Michel est passé au studio pour quelques interventions vocales ! Et il s’agit bien de sa chanson, aucun doute lors de l’écoute ! C’est la joie de vivre d’un enfant qui a inspiré l’Amiral avec des bruitages dignes d’un dessin animé pour annoncer les mots de son fils ! La trompette virevolte, le piano est devenu complètement fou et la basse du grand Alex Al ruisselle de plaisir ! La joie d’un enfant est immortalisée en musique et succède dignement sur la play-list aux angoisses d’un adulte. Ce lien père/fils se devait d’être abordé et c’est le cas avec ces deux titres, tellement différents mais complémentaires afin d’exprimer toute la complexité de cette belle relation humaine. Tout se conclut par un éclat de rire enfantin ! Louka reviendra forcément en studio, il semble avoir aimé l’expérience.

Et pendant ce temps-là, voyage en terrain connu avec « Ophélie Flagrant Des Lits » qui a eu droit à son single et clip en 2007. Le concept était assez novateur puisqu’il servait à promouvoir une tournée et non un album. Il s’agit cependant ici d’une version alternative par rapport à la précédente comme semblait l’annoncer sa version live de 2016. L’occasion pour ce titre d’échapper au sort de « Je Rêve d’Un Monde » qui n’aura été présent que sur des Best Of. On en a oublié la principale intéressée qui a disparu des radars depuis pas mal de temps, mais c’est loin d’être le cas de cette chanson. Elle est présente depuis une dizaine d’années dans l’univers Polnareff, et mine de rien ce n’est pas rien ! J’ai une certaine affection pour ce titre, me rappelant une tournée que je n’attendais pas et qui aura marqué mon existence. On ressent également le plaisir pour l’Amiral de retravailler ce titre et de le peaufiner. A l’image de ce passage Tango, signe d’un amusement qui se ressent totalement lors de notre écoute. L’ambiance du thème de « La Folie Des Grandeurs » n’est pas loin !

C’est le temps des retrouvailles avec « Longtime » qu’on avait entendu très brièvement dans le documentaire « Quand l’écran s’allume ». L’occasion de l’apprécier dans son intégralité, sachant qu’elle est d’une efficacité redoutable dès les premières notes. Si sa mélodie est intéressante, le texte n’est pas en reste : on sent tellement le vécu pour notre amiral préféré (je n’ai pas fait l’armée, vous me direz…) ! Toute l’audace résulte de cette peur de la page blanche totalement assumée, ce qui en fait son charme. L’artiste nous exprime ici ses moments de doutes qui ont duré un long moment. Plus à l’aise pour composer, Michel ne trouve pas systématiquement l’inspiration pour les paroles. C’est toujours ainsi qu’il a fonctionné, et grand nombre de ses tubes ont été le fruit d’une collaboration avec un parolier. Pour la réalisation de ce nouvel opus, j’avais la conviction qu’il devrait s’entourer de quelqu’un pour l’accompagner dans cette tâche afin de le soulager. Saluons donc cette collaboration fructueuse avec Doriand ! Cette belle rencontre débutée sous la pression des feuilles vierges a été l’un des déclics pour que ce projet se remplisse à coups de crayons. Il succède ainsi aux Franck Gerald, Pierre Grosz, Jean-Loup Dabadie et autres anciens complices venus apporter leurs talents dans cette PolnaHistoire. Et toute l’honnêteté de Michel pour nous partager ces instants délicats est bien loin de la mégalomanie que certains lui ont prêté parfois. Et il en résulte un excellent titre PolnaRock. L’attente n’aura pas été vaine !

J’avais entendu « Positions » en mars 2007 à Bercy et pour être honnête, je n’en ai gardé qu’un seul souvenir avec ces paroles de Michel « Ce titre sera présent sur mon album… qui sortira avant la fin de ce siècle… ! » Ce dernier a tenu parole : le disque est bien paru dans les délais annoncés avec la présence de cette chanson dont je n’avais retenu que le titre. Et ce n’est rien de le dire, elle ne m’avait vraiment pas laissé un souvenir impérissable à l’époque ! Peut-être avait-elle souffert de la concurrence ce soir-là, face à tous ces titres que j’aimais depuis des années, écoutés maintes fois. Tentons de faire table rase du passé car j’ai (enfin !) l’occasion de ne plus la voir comme un OVNI sur scène. Je vais l’appréhender comme un nouveau titre d’un opus studio, ce qui fait forcément une différence. Et à son écoute, porté par ce rythme entrainant, j’ai ce sentiment de voyager vers La Nouvelle Orléans pour écouter du Jazz. Une remise en question s’impose et me perturbe dans ma table rase… J’ai été tellement sévère à son encontre il y a onze ans que je m’interroge… Ai-je vieilli au point de m’être davantage ouvert au Jazz ? Cette version Live de 2007 transmettait-elle autant cette joie de vivre (dans toutes les positions !?) ? En tout cas, ce titre est forcément inspiré de la complicité entre Michel et Danyellah, et celle-ci se devait d’être abordée dans ce nouvel opus. Une sorte de « Toi et Moi » un peu plus subtil mais, sérieusement, imaginez-vous un album de Polnareff avec le principal intéressé dans l’inaction (la sexualité est évoquée avec Ophélie, mais l’Amiral se complait dans un rôle de narrateur)? Et quitte à passer pour un obsédé, c’est bien un cri de jouissance de l’Amiral que j’entends pour conclure sa chanson, et je ne parlerais pas de cette trompette qui se ramollit après cet effort de près de sept minutes !…
Il est cependant temps de quitter la Nouvelle Orléans sans repasser par le Japon ni d’autres escales à Los Angeles, Paris et Bruxelles, autres bastions de ce projet. Des percussions, en guise d’introduction, me donnent l’impression de me retrouver sur le sol africain. Mais dès le premier couplet, la voix de Michel s’annonce comme la porte-parole de notre planète Terre. Finalement, le lieu importe peu car c’est bien toute l’étendue de notre planète qui est maltraitée. Celle-ci a besoin d’une thérapie pour redevenir une terre happy car cher terrien, t’es rien ! Dès la fin du couplet, le piano se fait entendre pour accompagner un refrain sans paroles, substituées par des chants haut perchés. Une façon d’exprimer cette terre en colère qui se révolte face à l’inconscience de ses habitants. Avant cette écoute, on ne connaissait pas cette chanson et pourtant, dès ce refrain, on la subit de plein fouet comme une révélation. C’est bien du Polnareff tel qu’on l’aime et l’on se sent en terrain familier au sein de cette nouvelle découverte. Pourtant, très peu d’instruments sont utilisés ici comme pour mieux évoquer notre planète en toute sobriété. J’ai toutefois encore ce sentiment de voyager vers l’Irlande avec le son celtique des flutes et du uilleann-pipes du breton Ronan Le Bars. Accompagnés de ces percussions, Guingamp et sa Bretagne n’ont jamais été aussi proches de l’Afrique. Toute cette diversité exprime la richesse de notre terre qui n’en peut plus de son réchauffement, au point d’exprimer un appel au secours musical. Je suis totalement envouté par ce message et sache, Michel, que oui, je fais le tri sélectif !

Je dois l’avouer, c’est par « L’Homme En Rouge » que j’ai débuté ma première écoute afin de me sentir en terrain connu. Il est vrai que j’avais aimé ce morceau paru en fin d’année 2015 au sujet duquel je n’avais aucun reproche à formuler : j’y avais totalement adhéré. C’était une nouvelle démonstration du talent de Polnareff en tant que compositeur/interprète. Le concept du single accompagné d’un clip pour promouvoir une tournée était même de nouveau appliqué. Il était donc logique de penser que ce titre était finalisé, et pourtant je ressens quelques différences dans cette version présente sur l’album. Eternel perfectionniste, Michel ne l’avait donc pas terminée dans son esprit, un peu comme George Lucas profitant des nouvelles technologies pour restaurer l’univers de « Star Wars ». L’occasion de saluer une autre facette de l’Amiral : ses talents d’arrangeur. Et dans ce domaine, l’artiste dans son studio, tel un chef dans sa cuisine, a concocté un succulent plat avec un nombre conséquent d’ingrédients mijotés dans différentes sauces. On a envie de mimer cette batterie au son si propre face à ces claviers soutenus par un orchestre magistral. Et ces choeurs, non présents dans le mixage de 2015, (saluons la présence des choristes Kenna Ramsey et Amy Keys) transportent cette composition vers une autre dimension; telles des pincées de sel pour réajuster le goût.

Et dans tout cela, notre virtuose est au piano et quel solo ! Tout aussi génial et inspiré que celui de « Love Me, Please Love Me » dans sa version de 2007. Nous sommes bien loin des contes classiques de Noël ! Tous ces instruments se devaient de refléter toute la détresse de cet enfant encaissant une dure réalité de plein fouet à coup de baguettes sur la caisse claire. A l’image de cette guitare pleine de sanglots lors du final apportant ce petit supplément d’âme à la composition. Comme il l’avait fait sur « Billie Jean », Dean Parks apporte sa pierre à l’édifice dans une oeuvre de toute beauté.

Le titre suivant compte également l’implication d’un membre récurrent de l’équipe de Quincy Jones : le claviériste Randy Kerber. Nous avons tous en mémoire cette vidéo postée sur Facebook par Michel il y a quelques mois. L’occasion de le voir diriger Kerber en studio pour « Dans Ta Playlist (C’est Ta Chanson) » et c’est justement son instrument qui est utilisé en guise d’intro. Une façon de nous transporter loin de la terre ferme, pour vraiment ressentir toute la puissance émotionnelle de cette composition. Une sorte de « Lettre à France » du nouveau millénaire qui s’adresse cette fois-ci à un fan. Chaque admirateur de Polnareff et de la musique en général peut se reconnaitre en ce message et tout lien avec des personnes ayant existé ne serait pas que fortuit. L’orchestre symphonique n’est pas de trop mais permet de monter en intensité afin de mieux soutenir et suivre le piano de Michel dans son envolée. Une sorte de « Ne Me Quitte Pas » qui suggère à chacun de nous de ne pas changer de disque comme un pacte de fidélité. La comparaison avec « Lettre à France » ne s’arrête pas là, car la voix de Michel monte dans les cieux comme lorsqu’il songeait à son pays de l’autre côté de l’Atlantique, afin d’immortaliser ses nombreuses pensées pour son public. Ainsi, les rôles sont inversés avec cet artiste délivrant son message d’amour à un fan, mais c’est là toute la force de ce titre. L’artiste se doit d’avoir conscience qu’il a besoin de ses fans et c’est ainsi qu’il existe… (Et moi, si j’existe c’est d’être fan…?! Pascal ObisPolnareff, si tu nous regardes…!) Dans cette écoute, de nombreuses questions me viennent à l’esprit… Combien de fois la musique est-elle venue à notre secours lors de moments de détresse ? Une passion pour un artiste et sa musique n’est-elle pas le plus beau des remèdes pour sourire à la vie ? Mersea, Michel de me le rappeler, et de saisir toutes les subtilités de ton rôle de bienfaiteur auprès de nous.

Après toutes ces émotions, l’album se termine comme il a commencé, dans la lignée de « Polnareff’s ». N’oublions pas que le contenu de cet autre disque paru en 1971 comprend également deux chansons sans paroles. Je fais bien évidemment allusion à une version instrumentale. Et là, j’ai envie de dire que oui, dans ce domaine, Michel a bien inventé l’eau chaude avec « Agua Caliente » ! La performance se tient en neuf minutes et vingt secondes, ni plus ni moins. L’occasion d’entendre cette guitare électrique tellement omniprésente qu’elle en devient le sujet principal. Une sorte de performance venant d’un Guitar Hero sur le devant de la scène, tel un boxeur (on y revient !) voulant tout donner pour son dernier round. L’instrument supplée ici idéalement la voix de Michel, inutile que cette dernière vole la vedette à cette programmation de synthétiseur. Et oui, il s’agit bien là de l’Amiral reprenant des riffs de guitare à l’aide de son clavier !

L’instrumentale se suffit donc à elle-même avec un Polnareff profitant des joies de la technologie, au service de son talent. L’occasion de conclure magistralement l’album, même si l’artiste s’efface devant un solo de violon lors de la minute finale. Parmi des aboiements de chiens et sous une tempête de vent, le disque se termine dans une tension dramatique angoissante… Comme si toutes les histoires devaient mal finir… Ainsi va la vie…
Ce n’est pas pour autant que je veux conclure cette revue ainsi : j’en profite donc pour ajouter quelques lignes en forme de conclusion. « Enfin » est un bon album, d’une richesse aussi bien musicale qu’humaine et d’une grande subtilité. Il ne peut s’écouter d’une oreille distraite et mérite qu’on s’intéresse à lui avec toute notre attention. Ce disque aura finalement mêlé de nombreux styles mais dans sa globalité, on retiendra que c’est du Polnareff, tout simplement, avec tous les ingrédients qui caractérisent cet univers. L’homme n’est pas unique seulement dans son look mais avant tout dans son art, ce qui m’inspire ces quelques lignes que je lui adresse :
Il y a 52 ans, (bien avant les # que tu affectionnes également aujourd’hui) avec ton esprit visionnaire, tu as été le premier à nous expliquer qu’une poupée avait le droit de nous dire non. Tu as toujours été à l’affût pour maitriser les nouvelles technologies qui ont fini par évoluer avec ta musique. Ce n’est pas pour autant que tu vas tomber dans la médiocrité de la majorité des productions actuelles. Tu gardes cette volonté de convoquer les meilleurs musiciens pour des sessions studio, non sans le professionnalisme de diriger un orchestre symphonique, car toi, tu aimes la mélodie ! Tellement aux antipodes de ceux qui font des chansons à l’aide d’un seul ordinateur. Tu es de cette génération d’artistes, d’une époque tristement révolue, qui savent ce que représente la confection d’un album, qui le considèrent comme un support physique, un objet à part entière qui mérite quelques insomnies et des journées de dure labeur. Je souhaite que tu vives totalement cette libération à sa juste valeur….Et maintenant que ce nouveau disque a vu le jour, que nous en avons fini de compter les mois entre sa parution et celle de « Kama-Sutra », au siècle dernier, tu peux laisser venir ton inspiration avec beaucoup moins de pression pour d’autres chansons…
Enfin ! …

P.S : Laisse ouvert ton cadenas… Please…

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BRICE NAJAR
FRANCE

Né à Annecy en 1979. Il est l'auteur de trois ouvrages liés à l'univers musical de Michael Jackson. Le premier aborde sa discographie en solo, à travers ses singles parus entre 1979 et 2008. Le second revisite les albums avec ses frères, au sein du groupe The Jacksons, de 1976 à 1989. Chacun de ces deux ouvrages, bien qu'indépendant, est donc le complément idéal de l'autre. Pour son livre suivant, Brice reste dans cette même thématique musicale mais dans un concept différent. "Let's Make HIStory" est un recueil d'entretiens avec des protagonistes du double album "HIStory" de 1995. Une façon de décrypter le travail en studio du Roi de la Pop.